
Aujourd’hui, La Banque a présenté le Rapport de Politique Monétaire pour le 4ème trimestre 2025 . Dans l’ensemble, l’économie burundaise évolue dans un contexte de désinflation progressive et de consolidation de la croissance. Malgré certains replis sectoriels ponctuels, notamment dans l’industrie et la production caféière, les perspectives demeurent orientées vers une amélioration graduelle de l’activité économique en 2026, soutenue par le redressement attendu des secteurs productifs.
Stabilité de la production agricole d’exportation
La conjoncture économique nationale fait apparaître des dynamiques contrastées, marquées par une amélioration progressive de la stabilité des prix, une résilience de certaines filières d’exportation et des perspectives de croissance globalement favorables pour 2025 et 2026.
Au quatrième trimestre 2025, la production de thé sec s’est établie à 1 731,2 tonnes, soit un niveau quasiment identique à celui observé au quatrième trimestre 2024. Cette stabilité traduit la résilience de la filière théicole dans un contexte économique en mutation. En revanche, la production de café vert a enregistré un recul significatif au quatrième trimestre 2025, s’établissant à 2 132,3 tonnes contre 5 860,9 tonnes au trimestre précédent. Cette évolution s’explique principalement par la cyclicité naturelle de la production du café, caractérisée par l’alternance des campagnes de forte et de faible production.
Ralentissement progressif de l’inflation
L’inflation poursuit sa tendance baissière. Elle est passée de 34,2 % au troisième trimestre 2025 à 21,7 % au quatrième trimestre 2025. Selon les projections, elle devrait s’établir autour de 11,3 % au premier trimestre 2026. Cette décélération progressive constitue un signal encourageant pour la stabilité macroéconomique et le pouvoir d’achat des ménages, même si le niveau général des prix demeure élevé dans certains segments. L’indice de la production industrielle a reculé de 2,7 % au quatrième trimestre 2025. Cette contraction est principalement imputable à la baisse de la production dans les industries chimiques (-30,9 %), notamment dans la fabrication de savons ménagers. Toutefois, à l’échelle annuelle, le secteur secondaire affiche une nette accélération, avec une croissance estimée à 8,7 % en 2025, contre 1,7 % en 2024, contribuant positivement à la dynamique globale de l’économie. D’après les prévisions issues du cadrage macroéconomique de novembre 2025, la croissance du PIB réel est estimée à 4,6 % en 2025, contre 4,1 % en 2024. Cette évolution reflète la contribution combinée des différents secteurs de l’économie :
- Secteur secondaire : forte accélération (8,7 % en 2025 contre 1,7 % en 2024) ;
- Secteur primaire : légère décélération (2,1 % contre 2,6 % en 2024) ;
- Secteur tertiaire : ralentissement modéré (5,2 % contre 6,3 % en 2024).
Pour l’année 2026, la croissance économique est projetée à 4,8 %. Elle serait principalement portée par :
- Une amélioration de l’activité dans le secteur primaire (3,7 % contre 3,1 % en 2024) ;
- Une progression du secteur secondaire (3,8 % contre 1,0 % en 2024) ;
- Un rythme plus modéré du secteur tertiaire, dont la croissance décélèrerait à 5,2 % contre 5,6 % en 2024.
Déclaration de politique monétaire: le taux directeur abaissé à 10%
Après la présentation de ce rapport, le Gouverneur a fait une déclaration de politique Monétaire et annoncé la baisse du taux directeur de 12 à 10%. Il a en outre annoncé que la Banque continuera à assurer le suivi du rapatriement des recettes d’exportation et poursuivra la modernisation du marché interbancaire pour accroitre sa transparence.